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La relation entre l’espace et le genre

3. La relation entre l'espace et le genre

Suite à la publication de son étude exploratoire de littérature internationale sur le genre et les espaces publics, le Centre de Documentation sur la Politique de Genre d’Amazone vous propose, toutes les mois, un focus sur l’un des différents aspects traités. Cet article donne un avant-goût du premier chapitre consacré à la relation entre le genre et l’espace. [1]

La ville fonctionnelle et l’espace: début, crise et critiques

Le point de départ de la réflexion est l’émergence du modèle de ville fonctionnelle dans les années 30, qui transforme la ville pour la rendre plus moderne et salubre. Toutefois, des lacunes apparaissent : l’absence de prise en compte de la dimension sociale de la ville, le règne consacré de la voiture et le peu d’importance accordée à l’espace public. Diverses critiques émergent donc : la critique marxiste, qui considère que la ville et l’espace sont conflictuels et reproduisent des rapports de domination au profit de la valeur marchande, la critique empirique qui conteste la séparation des fonctions de la ville, sa division en zones et l’atrophie des espaces publics, et enfin la critique féministe. Les féministes sortent l’espace public de sa neutralité sexuelle, considérant que la ville reproduit les rapports de domination des hommes sur les femmes et investissent donc le champ de la géographie. Le féminisme aura une influence considérable sur la pratique spatiale (architecture, urbanisme), tant sur les pratiques elles-mêmes que sur les professions liées. Nous pouvons voir un exemple d’évolution des pratiques dans l’extrait suivant.

Maison Schröder par Gerrit Rietveld – 1924, Utrecht

« L’architecte Eileen Gray (1878-1976) avait déjà dessiné des maisons dont l’agencement bousculait l’organisation familiale traditionnelle. Gerrit Rietveld (1888-1964) réalise sa première maison construite selon les principes de Stijl, la maison Schröder, dont la modernité étonne encore aujourd’hui. Il dessine les plans en étroite collaboration avec la maîtresse d’ouvrage, Truus Schröder (1889-1985), veuve avec trois enfants, qui porte une vision très claire sur la façon dont une femme indépendante doit mener sa vie et élever ses enfants. Ensemble, ils parviendront à concrétiser cette vision en une maison qui révolutionne l’espace domestique. C’était en 1924. La maison Schröder se veut ouverte sur l’extérieur grâce à de grandes fenêtres sans angle fixe. À l’intérieur, la maison est conçue comme un grand plan ouvert privilégiant la communication et le contact visuel total. Un système de cloisons coulissantes rend l’espace dynamique et transformable. »  [2]

Etude de littérature « le genre et les espaces publics »

Le rapport final présente les avancées de la recherche académique sur l’approche de genre appliquée aux études sur l’espace, l’engagement et les actions des associations pour donner aux femmes la place qu’elles méritent dans les politiques urbaines, les politiques mises en place concernant l’égalité des femmes et des hommes et des exemples de bonnes pratiques.
Au sein du premier chapitre, l’étude revient en détails sur la Charte d’Athènes, la crise et la critique de la ville fonctionnelle.
Suivez ce lien et retrouvez notre focus sur le rôle des associations de femmes dans la réalisation d’espaces publics inclusifs où femmes et hommes de tous milieux puissent évoluer en toute égalité et harmonie.

Plus d’informations

  • Lien vers le texte intégral du rapport ;
  • Lien vers la brochure ;
  • Un lexique des termes de base a également été créé pour faciliter la lecture. Cliquez ICI pour parfaire vos connaissances.

Pour toute question complémentaire, veuillez contacter Virginie Tumelaire, 02 229 38 30, v.tumelaire@amazone.be.


Cette étude représente une partie d’un projet aux multiples facettes sur lequel l’association Amazone s’est affairée depuis près de deux ans. La réalisation de celui-ci s’est déroulée selon différentes phases : une mission d’information générale avec l’élaboration de deux études de littérature par le Centre de Documentation sur la Politique de Genre d’Amazone. Ces deux recherches alimentent la tenue d’une table-ronde et de groupes focus sur les mêmes sujets mais à une échelle plus spécifique, celle de la commune de Saint-Josse-ten-Noode. A cette partie interactive du projet vient se greffer une composante artistique et symbolique avec la création de quatre portraits d’habitantes de Saint-Josse-ten-Noode. Ce sont ces mêmes œuvres d’art qui, à partir du 8 septembre 2015, occupent une place d’honneur dans la station de métro Madou.

[1] Retrouvez cet aspect dans le chapitre 1, pages 20-31.

[2] Retrouvez cet extrait à la page 28.