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Le rôle des associations de femmes

1. Le rôle des associations de femmes

Suite à la publication de son étude exploratoire de littérature internationale sur le genre et les espaces publics, le Centre de Documentation sur la Politique de Genre d’Amazone vous propose, tous les mois, un focus sur l’un des différents aspects traités. Cet article donne un avant-goût du deuxième chapitre consacré au rôle des associations de femmes [1].

En interpellant les autorités, en amenant les revendications du terrain sur la scène publique, en étant un relais entre pouvoir et citoyen.ne.s, la société civile féministe joue un rôle fondamentale dans la démocratie, par l’exercice de et par l’éducation à la citoyenneté dans une perspective de justice sociale et de bien-être. Les associations de femmes visent à porter la parole des femmes à l’extérieur de l’espace domestique et à en faire une parole politique.

On distingue communément 3 grandes vagues dans l’histoire du féminisme : la première vague (2e moitié du 19e s. – entre deux guerres), mobilise les femmes autour de droits civiques sur fond d’antiesclavagisme et de première guerre mondiale. La deuxième vague (ca 1960 – ca 1980) a pour toile de fond les grandes grèves des années 60, la ségrégation raciale aux Etats-Unis et le mouvement pour les droits civils, les révolutions étudiantes de mai 68, la guerre du Vietnam, le printemps de Prague et Woodstock. Les luttes se cristallisent autour de l’égalité salariale, des droits sexuels et reproductifs et des libertés individuelles et de la lutte contre les formes de violence faites aux femmes et de la paix dans le monde. La troisième vague (années 90) se déroule sur fond de mondialisation économique où se révèlent les inégalités nord-sud, les injustices qui frappent les populations indigènes et la dure réalité qui frappe les populations migrantes.

L’occupation par les femmes de l’espace public (la rue) dans les années 60/70 est politique, et perçue comme vraiment subversive. En effet, malgré l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail dans les années 60, l’espace géographique et symbolique des femmes reste avant tout l’espace domestique. Pour améliorer la place des femmes dans l’espace public urbain, les mouvements de femmes ont considéré l’espace public à la fois dans son sens spatial mais aussi dans un sens plus large, à savoir le rôle des femmes dans l’espace public. Combattre les manifestations des inégalités femmes/hommes dans l’espace urbain, c’est remettre en cause le sexisme des instances décisionnelles compétentes : il s’agit avant tout d’augmenter la participation des femmes dans la gouvernance locale et dans la prise de décision politique.

Etude de littérature « le genre et les espaces publics »

Le rapport final présente les avancées de la recherche académique sur l’approche de genre appliquée aux études sur l’espace, l’engagement et les actions des associations pour donner aux femmes la place qu’elles méritent dans les politiques urbaines, les politiques mises en place concernant l’égalité des femmes et des hommes et des exemples de bonnes pratiques.

Le chapitre 2 traite des aspects énoncés plus haut : la longue route vers la participation des femmes à la vie publique et la représentation des femmes dans l’espace public, puis se penche sur la Charte européenne des femmes dans la cité (1994), recherche-action visant d’une part à accroître la représentation des femmes en politique, et pour que l’agenda politique inscrive les problématiques de genre.

Pour en savoir plus :

Pour toute question complémentaire, veuillez contacter Virginie Tumelaire, 02 229 38 30, v.tumelaire@amazone.be.


Cette étude représente une partie d’un projet aux multiples facettes sur lequel l’association Amazone s’est affairée depuis près de deux ans. La réalisation de celui-ci s’est déroulée selon différentes phases : une mission d’information générale avec l’élaboration de deux études de littérature par le Centre de Documentation sur la Politique de Genre d’Amazone. Ces deux recherches alimentent la tenue d’une table-ronde et de groupes focus sur les mêmes sujets mais à une échelle plus spécifique, celle de la commune de Saint-Josse-ten-Noode. A cette partie interactive du projet vient se greffer une composante artistique et symbolique avec la création de quatre portraits d’habitantes de Saint-Josse-ten-Noode. Ce sont ces mêmes œuvres d’art qui, à partir du 8 septembre 2015, occupent une place d’honneur dans la station de métro Madou.

[1] Retrouvez le chapitre 2, pages 22-29.