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Conférence finale du projet CARVE : agir contre les violences faites aux femmes

Conférence finale du projet CARVE : agir contre les violences faites aux femmes

Le 16 juin 2016 a eu lieu la conférence finale du projet CARVE, porté par la Fondation Agir Contre l’Exclusion (France). Il vise à sensibiliser aux violences faites aux femmes et à les prévenir par une campagne européenne menée par les entreprises. L’événement était organisé par l’asbl Pour La Solidarité (PLS), « think and do tank » européen établi à Bruxelles.

Denis Stokkink, Président de PLS, a indiqué que le projet est parti du constat que la majorité des entreprises ne se sentent pas concernées par les questions de violence conjugales, bien qu’il y ait de nombreux éléments, y compris économiques, qui touchent les entreprises. Les associations ne travaillant pas non plus sur cette thématique spécifique, le projet vise ainsi à relier ces deux univers. Le délégué général de FACE, Vincent Baholet a quant à lui parlé d’innovation sociale et sociétale de rupture : la responsabilité sociale des entreprises augmente le champ d’action de celles-ci, qui affirment petit à petit leur rôle économique, mais aussi social et territorial. Ainsi, on voit émerger la notion d’agentivité (agency) : les acteurs peuvent se changer au point de vue individuel, collectif et social.

L’impact de la violence de genre sur le travail

Les intervenantes de ce premier panel ont évoqué les résultats de différentes études sur la thématique. L’entreprise à but non lucratif Psytel, a réalisé une étude sur les conséquences des violences au sein du couple : retards, absentéisme, baisse de concentration, dévalorisation, etc., évaluées en France à 3,6 milliards d’euros par an (chiffres de 2012). Les intervenantes ont souligné l’importance d’un maillage fort des acteurs : police, personnel d’urgence, médecin traitant, assistance sociale, etc. mais aussi les entreprises.

Le dialogue des parties prenantes sur les réponses à la violence de genre

La Commission Européenne (DG Justice) a souligné la responsabilité des entreprises dans la prévention : il est important de fournir un environnement de travail favorable aux témoignages de femmes en situation de violence, qui soit plus sécurisant et non-sexiste.
Ana Bella Estevez a présenté la fondation qu’elle a créée qui vise à réinsérer professionnellement des survivantes, dont elle fait elle-même partie, en en faisant des ambassadrices de marque pour les entreprises.
Ingrid Van Mackelenbergh, Directrice Responsabilité Sociale de l’Entreprise pour Securex, a indiqué que dans le service de prévention de ce secrétariat social, la thématique de la violence à la maison n’était jamais prise en compte, en dépit d’occurrences très nombreuses : le débat doit donc être ouvert.
Birthe Rohles, Cheffe du service « Violences domestiques/sexuelles » à l’association allemande Terre des Femmes, a souligné que l’action des associations est entravée par le manque de financements et d’intérêt pour un sujet considéré comme appartenant à la vie privée.
Irene Rosales, Chargée des politiques et campagnes au Lobby Européen des Femmes, a indiqué que les entreprises ont un rôle à jouer et doivent ne pas tolérer la discrimination, mettre en place des rémunérations égales et des processus de recrutement non sexistes.

Des entreprises engagées

Des entreprises ont présenté leurs stratégies de lutte contre la violence de genre. Par exemple, Marie-Claire Daveu, Responsable du développement durable & des affaires institutionnelles internationales pour Kering, a indiqué que le sujet femmes est au cœur de la stratégie de Kering. L’entreprise a créé la fondation Kering, qui porte exclusivement sur la question des violences faites aux femmes. Kering travaille sur trois axes : les partenariats avec d’autres acteurs notamment les ONG, les bourses aux entrepreneurs sociaux et la sensibilisation des entreprises tout au long de la chaîne de production.

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Cet article a été écrit par Carole Germani, Conseillère en Communication et Projets à Amazone