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Pékin : un engagement longue durée pour la promotion des femmes

Lors de la création des Nations Unies, en 1945, la lutte pour l’égalité entre les sexes était encore balbutiante. Seuls trente, des cinquante-et-un premiers Etats Membres de l’Organisation, accordaient aux femmes les mêmes droits de vote qu’aux hommes ou les autorisaient à travailler dans l’administration publique. Au cours des trois décennies qui suivirent, le travail des Nations Unies relatif aux femmes fut principalement consacré à la codification de leurs droits juridiques et civils ainsi qu’à la collecte d’informations sur leur statut dans le monde. Avec le temps, il devint toutefois de plus en plus évident que les lois, en elles-mêmes et comme telles, ne suffisaient pas à garantir aux femmes des droits égaux à ceux des hommes.

En 1975 (l’Année internationale de la femme) à Mexico, la première Conférence mondiale des femmes sonnait le coup d’envoi à la ’Décennie pour la femme’ (trois conférences mondiales des femmes entre 1975 et 1985 : 1975 - Mexico, 1980 - Copenhague et 1985 – Nairobi). Ces trois Conférences mondiales sur les femmes organisées par les Nations Unies ont été le moyen de placer la question de l’égalité entre les sexes au coeur de l’agenda mondial. Elles ont permis de grouper la communauté internationale autour d’un ensemble d’objectifs communs, assorti d’un plan d’action effectif pour la promotion générale des femmes, dans toutes les sphères de la vie publique et privée.

C’est la 4e Conférence mondiale des femmes à Pékin en 1995, qui a surtout permis à la question de l’égalité entre les hommes et les femmes d’acquérir une visibilité significative pour les Nations Unies. Promouvoir les droits des femmes, identifier les principaux obstacles à l’amélioration de leur situation dans le monde d’une part, et de l’autre, les mesures nécessaires pour les surmonter sont devenus les objectifs prioritaires de la Plate-forme d’Action de Pékin, associés au développement et à la paix.

Dossier : CSW59/Pékin +20 (2015)

Dossier : CSW59/Pékin +20 (2015)

Du 9 au 20 mars, la 59ème session de la Commission de la Condition de la femme (CSW) se déroule à New York. Les délégués des Etats membres, les organisations des Nations Unies et les ONG du monde (...)


Pékin, 4 sessions déjà depuis 1995

La 4e Conférence mondiale des femmes a vu naître en 1995 la Plate-forme d’Action de Pékin (PAP). Cette Plate-forme est un document de référence progressiste des Nations unies qui a été signé par 189 états. Il s’agit d’une ressource indispensable pour les femmes et les organisations de femmes du monde entier, car elle leur permet de demander des comptes aux gouvernements dans le but d’avancer sur le chemin de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Depuis la création de cette Plate-forme, les états membres des accords de Pékin se sont réunis déjà quatre fois :

- En 1995, lors de la 4e Conférence mondiale des femmes qui a vu naître la Plate-forme d’Action de Pékin et sa déclaration politique en faveur des femmes ;

- En juin 2000 à New York, à l’occasion de la 23ème session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, intitulée « Les femmes en l’an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIème siècle », pour réaliser une évaluation intermédiaire de la mise enoeuvre des 12 domaines d’actions de Pékin ;

- En 2005, pour la 49ème session de la Commission pour la Condition de la Femme en 2005 (CSW), qui avait pour objectif de faire le point sur les avancées réalisées depuis 1995. Cette session fut ouverte à tous les états membres et observateurs de l’ONU ;

- En 2010, pour la 54e session de la Commission de la Condition de la femme qui s’est tenue du 1er au 12 mars 2010 au sein des Nations unies. voir Pékin + 15


Les 12 domaines d’intervention de la Plate-forme d’Action de Pékin

Le Programme d’Action de Pékin (PAB), également appelé Plateforme d’action de Beijing, constitue une sorte de guide de l’action publique, aussi bien pour les organisations internationales que pour les gouvernements ou encore pour les acteurs et actrices de la société civile.

Le PAB rappelle que "l’égalité des femmes et des hommes relève des droits de l’Homme et c’est une condition de justice sociale" (Chapitre premier, §1). Il précise, par ailleurs, comme l’a fait la Conférence de Vienne sur les droits de l’Homme, en 1993, que les droits fondamentaux des femmes et des petites filles font inaliénablement, intégralement et indissociablement partie des droits fondamentaux de la personne.

Il définit deux objectifs majeurs :

- L’autonomisation des femmes (women empowerment) : favoriser les contributions des femmes à la vie de la société et renforcer leur participation à la prise de décision dans tous les domaines – politique, économique, social et culturel, aussi bien dans la sphère privée et familiale que dans la sphère publique, nationale et internationale.

- L’intégration d’une perspective de genre (gender mainstreaming) : afin d’accélérer et renforcer la mise en œuvre concrète de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’élaboration des lois et des politiques publiques doit prendre en considération les besoins et les contributions des femmes et des hommes. Cette approche intégrée suppose également le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre afin de s’assurer que ces textes ou programmes n’entraînent pas de discriminations et d’inégalités.

Enfin, il identifie douze domaines critiques :


Les sessions de Pékin : des préparatifs conséquents

Les sessions de la CSW (Commission on the Status of Women) ne s’improvisent pas. Elles sont minutieusement préparées. Les préparatifs consistent à réunir dans un rapport remis par le Secrétariat des (...)