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Femmes bruxelloises issues de l’immigration (2010)

quinzaine


Sortir de l’exclusion sociale : un défi pour les femmes qui subissent des facteurs de précarité

Amazone travaille déjà depuis plusieurs années à l’échange d’expériences et à l’amélioration du statut des femmes marocaines, turques, iraniennes et belges, ce qui avait déjà été encouragé en 2006 la création du réseau ‘Femmes et Sociétés en Transition’ (FST). L’expérience et les connaissances acquises tout au long de ce travail ont permis de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les femmes belges issues d’autres cultures d’origine. Le manque de relais entre les représentants politiques et les femmes qu’elles représentent dans les différentes couches de la population constitue une problématique qui mérite d’être étudiée et débattue avec les femmes concernées et qui subissent le manque de prise en compte de leur situation et/ou de leurs revendications en vue d’améliorer leur statut social pour sortir de certaines formes d’exclusion.

L’approche d’un féminisme nouveau et désireux de s’approprier de nouvelles voies d’émancipation pour toutes les femmes qu’il défend est un des défis majeurs de la société plurielle en formation dans notre pays. Cette volonté de réinventer un féminisme jeune et dynamique, en prise avec son époque, à un moment où la question des identités est plus que jamais posée, nécessite un esprit d’ouverture et la prise en compte du vécu des femmes belges dans leur totalité, quelle que soit leur culture d’origine, la couche sociale à laquelle elles appartiennent ou leur appartenance philosophique et/ou religieuse.

« Les femmes bruxelloises, dans la lutte pour leurs droits et leur émancipation, peuvent-elles se permettre le luxe de leur distinction religieuse et culturelle, face à une pauvreté qui frappe les femmes à tous les niveaux ? » (Najat, Dar-el-Ward)

Une des missions principales du féminisme est de défendre les femmes contre les facteurs s’opposant à leur émancipation. Cette émancipation passe par l’autonomie financière, indispensable à tout un chacun pour disposer librement de son existence.

Bien que les chiffres officiels n’indiquent qu’une faible disparité de pauvreté entre les femmes et les hommes en Belgique , de récentes études menées par le département d’économie appliquée de l’Université Libre de Bruxelles dans le cadre du projet Belgian Gender and Income Analysis mentionnent que les statistiques européennes n’ont jusqu’à présent jamais considéré les revenus des femmes hors ménage, ce qui donne une représentation biaisée du niveau de richesse des femmes dans leur ensemble. La pauvreté des femmes est sous-estimée si on fait l’hypothèse que les revenus sont partagés également entre les membres des ménages. Le ménage serait en quelque sorte le cache-sexe de la pauvreté .

Les facteurs entrainant la précarité sont nombreux et sévissent davantage à l’encontre des femmes :

- La fragilisation des couples et la multiplication des ruptures familiales : ces séparations ont de lourdes conséquences sur le niveau de vie des femmes quand on étudie la situation des parents isolés qui doivent assumer la charge des enfants. Les femmes représentent une large proportion de cette catégorie et encourent de ce fait un risque accru de pauvreté du fait de leur position au sein du foyer et sur le marché de l’emploi
- Les difficultés liées au marché du travail : accès plus limité au marché du travail et à des postes de haute responsabilité, écart des salaires, garde des enfants, accès limité aux formations prometteuses
- Le poids des stéréotypes : considérations sexistes difficiles à éradiquer

Le facteur de l’immigration ajoute des difficultés et des obstacles supplémentaires pour les femmes qui subissent une double discrimination, en raison de leur sexe et de leur appartenance d’origine, ce qui les expose davantage au risque de pauvreté et d’exclusion. La méconnaissance et le manque d’informations sur leur vécu réduit les possibilités d’aller à la rencontre des demandes et des besoins, et d’aboutir à des solutions communes pour améliorer le devenir des femmes belges dans leur ensemble, sans froisser les sensibilités des unes ni ignorer les revendications des autres.

Certaines de nos représentantes politiques en Belgique sont issues des cultures d’origine turque et marocaine. Elles, mieux que d’autres représentantes politiques savent quels sont les défis rencontrés pour parvenir à un degré d’émancipation capable de conjuguer une appartenance fidèle à sa culture d’origine, en harmonie avec les dimensions sociales et politiques belges, mais surtout, pour dépasser les écueils matériels et psychologiques de telles voies émancipatrices.

Le projet ‘Entre représentants politiques et femmes issues de l’immigration : un relais pour sortir de la précarité’ a pour ambition d’inviter les femmes d’origine étrangère à s’adresser à leurs représentants pour faire entendre la voix d’un féminisme dans lequel elles élaborent elles-mêmes les conditions et les voies de leur émancipation.