Tour et Taxis, des femmes bien cachées

Les nouveaux noms de rues de Tour et Taxis sont une occasion manquée par la Ville de Bruxelles de respecter ses propres engagements en termes de féminisation de l’espace public.
En 2016, le Collège de la Ville de Bruxelles a approuvé une liste de noms de femmes illustres (telles que Gabrielle Petit, Léonie La Fontaine et Marie Parent) à laquelle il s’était engagé à avoir recours en priorité pour nommer les nouvelles rues.
Au moment de nommer celles de Tour et Taxis, elle aurait dû donc être utilisée. Ou puisque un concours citoyen a été organisé, le principe de la féminisation de l ’espace public que la Ville de Bruxelles semblait vouloir porter, aurait pu être inscrit dans le règlement.

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C’est également une occasion manquée de la part d’Extensa, l’entreprise en charge du développement de Tour et Taxi qui pourrait bénéficier d’une réflexion sur la diversité. En effet les Conseil d’Administration et Comité de Gestion sont composés à 100% d’hommes blancs.
Pourquoi avoir indiqué sur la page Internet du concours lui-même « Nombreuses sont les propositions de noms de femmes remarquables que vous nous avez envoyé pour remédier à une sous-représentation féminine dans le domaine public » si ce n’est pas pour les mettre en avant au sein de Tour et Taxi ?
Il faut le rappeler moins de 4% des noms de rues à Bruxelles portent des noms de femmes.
Le résultat ? Comme on pouvait s’en douter, ils perpétuent, « l’effacement des femmes dans la mémoire collective. » comme le souligne Christine Bard, historienne et spécialiste de l’histoire des femmes. En effet, 2 noms de femmes à peine – Chantal Akerman et Isala Van Diest – ont été retenus sur 26. Il est frappant en regardant le plan de s’apercevoir que ce sont, en plus, les rues parmi les plus petites du site. On aurait pu au moins attribuer ces noms à des rues plus longues ou importantes, celles qui traversent le parc par exemple. Mais non, dans la lignée de la tradition patriarcale, cachons plutôt ces femmes que nous ne voulons pas voir…
La cerise sur le gâteau est quand même la « place des Grands Hommes » ! Comment peut-on, en 2018, encore attribuer des noms pareils. Malgré le H majuscule, le nom a donc difficile à passer.

Qui est « Noms Peut-Être ! »

La collective « Noms Peut-Être ! » est une organisation féministe sans but lucratif visant à :
• mettre en avant des femmes d’ici et d’ailleurs ;
• dénoncer l’invisibilité des femmes dans l’espace public et dans l’Histoire ;
• proposer des modèles inspirants à tou.te.s.

Pour ce faire, nous adoptons deux voies complémentaires : la désobéissance non-violente et l’ouverture à la collaboration et au dialogue.