Trop technophobes, trop lent·es ou trop coûteux·ses. Voici quelques-uns des stéréotypes auxquels les personnes âgées de notre société sont confrontées. L’âgisme est une forme de discrimination qui toucherait environ 70 % des personnes de plus de 55 ans. De la même manière, les jeunes déclarent eux·elles aussi subir des traitements différenciés en raison de leur âge. Mais que signifie réellement ce terme ? Et peut-on agir contre ce phénomène ?
L’âgisme
L’âgisme, également appelé discrimination fondée sur l’âge, désigne un phénomène par lequel des personnes, jeunes ou âgées, sont confrontées à des stéréotypes ou à des préjugés liés à leur âge, pouvant conduire à des comportements discriminatoires.
Un exemple classique d’âgisme est la discrimination lors du processus de recrutement. Les travailleur·euses plus âgé·es rencontrent souvent des difficultés à trouver un emploi parce qu’ils et elles sont considéré·es comme « trop cher·es » ou « trop traditionnel·les ». Les employeur·euses supposent fréquemment qu’ils et elles disposent de moins de compétences technologiques, de moins de flexibilité et de savoir-faire obsolètes. Les jeunes, quant à elle·eux, font également face à des obstacles sur le marché du travail, généralement en raison d’un « manque d’expérience » ou parce qu’ils et elles sont perçu·es comme « trop immatures ».
Mais l’âgisme ne se limite pas au monde du travail. Sur le marché du logement, les personnes âgées comme les jeunes ont beaucoup plus de difficultés à trouver un logement adapté. Dans le secteur des soins de santé, les personnes âgées sont rapidement considéré·es comme dépendant·es, et le personnel soignant adopte parfois un langage condescendant ou infantilisant. Les jeunes, de leur côté, ne sont souvent pas pris·es au sérieux. Les banques refusent fréquemment certains services en fonction de l’âge, et dans l’industrie de la beauté, le vieillissement est perçu comme quelque chose de négatif qu’il faudrait éviter à tout prix. L’âgisme est partout : dans nos institutions, dans nos relations et même en nous-mêmes.
Pourquoi l’âgisme est-il si dangereux ?
Lorsque les préjugés et les stéréotypes conduisent à des comportements discriminatoires, les conséquences pour la santé, le bien-être et les droits humains des individus sont graves et durables. Les personnes victimes d’âgisme rapportent notamment une dégradation de leur bien-être mental et physique, une perte de confiance envers la société ainsi qu’une faible estime de soi. La discrimination a également souvent un impact matériel important : les personnes concernées ont plus de difficultés à accéder aux ressources financières et basculent donc plus rapidement dans la pauvreté.
L’âgisme est l’une des rares formes de discrimination susceptibles de toucher tout le monde. Le racisme, le sexisme ou l’homophobie visent généralement des groupes spécifiques, ce qui permet à certaines personnes d’y échapper. Le vieillissement, en revanche, est une expérience universelle. Toute personne qui franchit certains seuils d’âge peut y être confrontée. Cela fait de l’âgisme une forme de discrimination très répandue, mais qui reçoit pourtant relativement peu d’attention. C’est regrettable, car une sensibilisation urgente est nécessaire afin d’informer le grand public des dangers et des conséquences de l’âgisme.
Il est également essentiel de prendre en compte l’intersectionnalité des différentes formes de discrimination. Les stéréotypes et les préjugés peuvent se cumuler et se renforcer mutuellement. Les femmes, les personnes racisées, les personnes issues de la migration, les personnes trans ou les personnes en situation de handicap sont ainsi plus sévèrement touchées par l’âgisme. Et comme pour toute forme de discrimination, il est important de se rappeler que ce n’est pas parce que l’on n’en est pas victime qu’elle n’existe pas.
Que peut-on faire contre l’âgisme ?
Heureusement, il y a aussi de bonnes nouvelles ! L’âgisme est un phénomène socialement construit. Il s’apprend et s’ancre dans nos processus de socialisation. Cela signifie que nous pouvons également le désapprendre. La prise de conscience constitue la première étape. De nombreuses ressources en ligne expliquent ce qu’est l’âgisme et comment le combattre. Vous en retrouverez quelques-unes ci-dessous.
Avez-vous des suggestions, des commentaires ou d’autres ressources à proposer ? N’hésitez pas à nous envoyer un courriel à l’adresse suivante : docu@amazone.be.
Sara-Lynn Milis
Projets & communication

