Mars est le mois de l’endométriose. Ce week-end se tient également la Journée des Soins, l’occasion idéale pour parler de cette maladie. Près de deux personnes menstruées sur dix en Belgique en souffrent. Et pourtant, malgré les progrès de la recherche ces dernières années, il n’existe toujours aucun traitement capable de la guérir.
L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle des cellules de la muqueuse utérine se développent en dehors de l’utérus, souvent dans la cavité abdominale, provoquant des douleurs chroniques. Selon Charlotte Maillard, gynécologue spécialisée en endométriose et membre du Centre Expert Bruxellois en Endométriose, même si la recherche sur cette maladie a considérablement progressé ces dernières années, le diagnostic, lui, se fait encore trop souvent attendre.
Pourquoi un tel retard ?
Plusieurs facteurs entrent en jeu. D’abord, il existe différentes formes d’endométriose et la maladie est hétérogène : aucune personne menstruée ne présente exactement les mêmes douleurs ou symptômes. Ensuite, il n’existe pas de marqueur biologique clairement identifiable qui permettrait de confirmer le diagnostic. « On ne peut pas simplement faire une prise de sang et dire : vous avez la maladie », explique la Dr Maillard. Enfin, la méconnaissance de l’endométriose reste importante, aussi bien chez les médecins que chez les patient·es.
Avancées dans la recherche sur l’endométriose
Ces dernières années, trois axes de recherche ont émergé, susceptibles d’apporter plus de clarté sur la maladie : le test salivaire, la recherche sur le microbiome et la recherche immunologique. Le test salivaire repose sur les micro-ARN présents dans la salive, qui pourraient constituer un marqueur de l’endométriose. « Théoriquement intéressant », déclare la Dr Maillard, « mais pas encore démontré scientifiquement. » Si cela fonctionnait, un simple prélèvement salivaire permettrait de poser le diagnostic sans recourir à des interventions invasives. Par ailleurs, des études montrent que les personnes atteintes d’endométriose auraient possiblement un microbiome différent, c’est-à-dire d’autres bactéries dans le vagin et l’endomètre. Cette recherche sur le microbiome aide à mieux comprendre les causes de la maladie, mais ne mène pas (encore) à un traitement. Une troisième piste est la recherche immunologique, à laquelle la Dr Maillard collabore lui-même. L’objectif : comprendre pourquoi certaines personnes développent une endométriose et d’autres non. Bien que ces approches de recherche offrent davantage d’éclairage, la pilule reste pour l’instant la seule option de traitement disponible pour les personnes concernées.
Beaucoup de recherches, aucun remède
La recherche bute constamment sur la même question : pourquoi seulement 10 % des personnes menstruées développent-elles une endométriose, alors que près de 90 % d’entre elles ont déjà connu une menstruation rétrograde (du sang qui s’écoule via les trompes de Fallope dans la cavité abdominale) ? Sans réponse à cette question, les scientifiques ne peuvent pas développer un médicament ciblé. « Il n’existe pas de traitement ciblé pour l’endométriose, la pilule est la seule option », déclare la Dr Maillard. « Le traitement le plus courant consiste à supprimer les menstruations par des moyens hormonaux », ajoute-t-elle. Entre-temps, des personnes atteintes d’endométriose racontent leur propre histoire dans This Is Endo, lauréat du BAFTA du meilleur court métrage (2026). Le documentaire est disponible via ce lien : https://www.thisisendo.com/
Marwa Ben Ammi
Stagiaire Amazone

