21 mars : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

Le 21 mars est la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Une journée pour prendre conscience des injustices qui touchent des millions de personnes au quotidien, et qui pèsent encore plus lourdement sur les femmes* et les minorités de genre.

Le 21 mars n’a pas été choisi au hasard. Ce jour-là, en 1960, la police de Sharpeville, en Afrique du Sud, encore sous le régime de l’apartheid, a ouvert le feu sur une manifestation pacifique. Ce qui devait être une protestation contre l’apartheid a dégénéré en massacre : la police a abattu 69 personnes. Six ans plus tard, en 1966, les Nations Unies ont proclamé le 21 mars Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Cet événement tragique a contribué indirectement au développement du concept d’intersectionnalité.

L’intersectionnalité

Imaginez un carrefour avec une personne en son centre. Chaque route qui y mène représente une caractéristique différente de cette personne : nationalité, orientation sexuelle, ethnicité, classe sociale, identité de genre, religion, etc. Ces facteurs varient selon les individus et s’influencent ou se renforcent mutuellement, faisant vivre à chacun·e une forme unique de discrimination ou de privilège. C’est ce que l’on entend par pensée intersectionnelle, et c’est ce qui guide aujourd’hui de nombreuses organisations féministes, dont Amazone.

Qui en est à l’origine ?

Les racines de ce terme remontent à l’activiste pour les droits des femmes et abolitionniste Sojourner Truth. En 1851, elle prononça un discours resté dans l’histoire avec les mots « Ain’t I a Woman? », soulignant l’invisibilité des femmes noires tant dans le mouvement des droits des femmes que dans la lutte pour les droits civiques. Le concept de l’intersectionnalité tel que nous le connaissons aujourd’hui a été introduit en 1989 par la juriste et professeure américaine Kimberlé Crenshaw. Elle a démontré que les discriminations fondées sur la race et le genre sont inextricablement liées.

La discrimination

Bien que le racisme soit punissable par la loi, les chiffres d’Unia montrent qu’il reste très répandu dans une ville multiculturelle comme Bruxelles. En 2024, Unia a reçu environ 600 signalements de discrimination raciale. Parmi ceux-ci, trois cents provenaient de femmes et de personnes non binaires. Ces chiffres ne donnent pas un tableau complet de la situation à Bruxelles, ce qui signifie que les chiffres réels sont probablement plus élevés. Cela est peut-être lié au fait que les victimes ne portent pas toujours plainte, par honte ou par méfiance envers le système.

Et maintenant ?

Ella vzw organise une table ronde sur la pensée intersectionnelle le mardi 24 mars. Vous souhaitez mieux comprendre ce qu’est l’intersectionnalité ? Jetez un œil à leur Instagram : @ella_vzw. Vous êtes vous-même victime de racisme ? Signalez-le à Unia, chaque signalement compte.

Image de Marwa Ben Ammi

Marwa Ben Ammi

Stagiaire Amazone

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