Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et l’interphobie (IDAHOT)

Le dimanche 17 mai, c’est la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et l’interphobie. En cette journée, nous attirons l’attention du monde entier sur les droits, le bien-être et les discriminations subies par les personnes LGBTQIA+. Bien que cette journée s’inscrive dans le mois des fiertés de mai, l’accent est mis ici avant tout sur les inégalités de traitement et les violences auxquelles de nombreuses personnes LGBTQIA+ sont encore confrontées dans le monde.

Histoire

Nous sommes le 17 mai 1990. Ce jour-là, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retire définitivement l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Elle y figurait depuis longtemps aux côtés de troubles graves tels que la schizophrénie et la démence, classée comme « affection » psychiatrique. Le retrait de l’homosexualité de cette liste a donc été d’une importance capitale pour la communauté LGBTQIA+ et est depuis considéré comme une étape majeure dans l’émancipation de leurs droits et leur reconnaissance. Pour commémorer ce combat et continuer à mettre en lumière les difficultés actuelles, le 17 mai a été rebaptisé Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et l’interphobie, abrégée IDAHOT.

Importance

« Mais est-ce encore nécessaire, une telle journée ? » Cette question est posée quotidiennement à de nombreux·ses activistes, ONG et personnes LGBTQIA+. La réponse courte ? Absolument !

Il est vrai que ces dernières décennies, notamment en Belgique et en Europe occidentale, de nombreux progrès ont été accomplis en matière d’égalité des droits. Notre pays se hisse à la quatrième place du Rainbow Map Europe, un classement qui mesure les performances de 49 pays européens en matière de droits des personnes LGBTQIA+. Avec un score global de 85,3 sur 100, nous nous en sortons plutôt bien. La Belgique dispose d’un cadre juridique solide, offrant des possibilités de mariage, de changement de genre et des lois strictes contre la discrimination. Il y a de quoi en être fier·ère.

Pourtant, les cadres juridiques ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La recherche sociologique sur l’acceptation des personnes LGBTQIA+ dans la société dresse malheureusement un tableau bien plus sombre. Ainsi, une étude récente de la plateforme de recherche sur la jeunesse (Jeugdonderzoeksplatform) révèle que les jeunes hommes en particulier deviennent de moins en moins tolérants envers les personnes de la communauté LGBTQIA+. 18,3 % des répondant·es jugent acceptable la violence envers les homosexuels, et près de 20 % préféreraient voir le mariage homosexuel aboli. Les statistiques d’intolérance ont doublé, voire triplé par rapport à 2018. Malgré les avancées juridiques, l’acceptation sociale recule donc très fortement.

Dans d’autres pays également, on observe des phénomènes préoccupants. Ces dernières années, plusieurs pays africains ont durci leurs règles concernant l’homosexualité, de sorte que les personnes LGBTQIA+ dans des pays comme le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso peuvent être condamnées à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 10 ans. Mais on trouve aussi suffisamment d’exemples plus près de chez nous : en Hongrie, le mariage homosexuel n’est pas légal, et d’autres pays d’Europe de l’Est interdisent également les relations entre personnes de même sexe. Selon les chiffres d’Amnesty International, les actes sexuels entre personnes de même sexe sont criminalisés dans 62 pays, et dans au moins 7 pays, on risque la peine de mort.

En ce qui concerne les personnes transgenres, les chiffres sont également alarmants. Si la Belgique est juridiquement avant-gardiste grâce à la loi transgender de 2018, la réalité est toute autre. Unia et l’IEFH rapportent un climat transphobe et une normalisation des comportements haineux. Les personnes trans sont souvent victimes de discriminations et de discours de haine, avec peu de conséquences légales. Dans le reste du monde, la situation est souvent encore pire. À l’échelle mondiale, les personnes trans ne bénéficient souvent d’aucune protection légale et font parfois l’objet de poursuites actives via des « lois anti-travestissement ».

Les personnes intersexes, quant à elles, souffrent du manque de connaissances du grand public. Chaque jour, en Belgique, environ cinq enfants naissent en moyenne avec une variation des caractéristiques sexuelles, et pourtant une ignorance persistante demeure, qui constitue souvent la base de l’interphobie et des mutilations que subissent les enfants intersexes, dites de “normalisation sexuelle” pratiquées sans consentement et dans la plupart des cas, non justifiées par un besoin médical.

Que faire ?

La communauté LGBTQIA+ est régulièrement victime de discrimination et de violence. Il n’est pourtant pas toujours facile d’y réagir, que ce soit en tant que victime ou témoin. Heureusement, il existe en Belgique différentes instances et organisations qui s’y consacrent.

Vous souhaitez signaler un délit à caractère homophobe, lesbophobe ou transphobe ? Via la police locale, des points de signalement spécifiques ont souvent été mis en place pour vous permettre de témoigner. Pour la Ville de Bruxelles, retrouvez toutes les informations ici. Pour d’autres villes, contactez de préférence votre commissariat local.

Vous souhaitez déposer une plainte pour discrimination ? Vous pouvez vous adresser à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH). Ce service public fédéral traite les plaintes officielles concernant les inégalités de traitement des personnes LGBTQIA+.

Vous êtes victime de violences sexuelles ? Vous pouvez vous rendre dans l’un des centres de prise en charge des violences sexuelles. Ceux-ci sont accessibles 24h/24 et 7j/7 et assurent une prise en charge intégrée grâce à une approche multidisciplinaire.

Plus d’infos sur les personnes, les droits et la communauté LGBTQIA+ ?

Vous cherchez plus d’informations sur l’homosexualité, les personnes transgenres, les personnes intersexes ou d’autres composantes de la communauté LGBTQIA+? Des organisations et initiatives telles que Genres Pluriels, Tels Quels, Prisme et l’IEFH proposent un large éventail d’informations sur leurs sites web.

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Sara-Lynn Milis

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